On the Edge - François-Marie Banier
On the Edge - François-Marie Banier
On the Edge - François-Marie Banier
On the Edge - François-Marie Banier
On the Edge - François-Marie Banier
On the Edge - François-Marie Banier
On the Edge - François-Marie Banier
On the Edge - François-Marie Banier
On the Edge - François-Marie Banier
On the Edge - François-Marie Banier
On the Edge - François-Marie Banier
On the Edge - François-Marie Banier

On the Edge

Ce catalogue a été publié à l’occasion de l’exposition On the Edge au Krefelder Kunstmuseen, Museum Haus Lange du 13 juin au 3 octobre 2004.


François-Marie Banier et la création photographique

Aucun art n’est aussi soudain dans sa révélation que la photographie. Les œuvres littéraires exigent des heures de lecture, les œuvres musicales doivent être exécutées et écoutées, la peinture elle-même demande contemplation et méditation. L’œuvre d’un photographe au contraire se dévoile dans l’instant avec une brutalité extrême, parfois redoutable. Elle nous dit tout dans l’instant. Elle nous montre des hommes, des femmes, des enfants que nous reconnaissons comme appartenant à notre univers familier, mais en même temps par un incroyable paradoxe, il nous semble les voir pour la première fois. Et il en va de même avec les paysages qui sont les nôtres évidemment, mais où nous nous sentons terriblement « dépaysés ». […]

Extrait du texte François-Marie Banier et la création photographique par Michel Tournier

 

On the Edge

Photographier, c’est conférer de l’importance. Susan Sontag

Raconter des histoires, taire le mystère

Si près que s’approche l’objectif, les personnes photographiées par François-Marie Banier conservent toujours une part de mystère. Ainsi, que savons-nous de cette femme qui, un jour ensoleillé de juin 1994 à Paris, fait étalage de tout son érotisme en pleine rue ? Nul doute qu’en la regardant, beaucoup, hommes ou femmes, remarqueront qu’elle a dépassé depuis longtemps la fleur de l’âge : pourquoi alors exhiber un corps rien moins que parfait ? Ces mêmes personnes jugeront frivole, peut-être même obscène, sa façon de se mettre à nu. En méprisant la dignité absolue de la femme, leur jugement passe à côté de ce qui justement fascine le photographe. Cette dignité est là, dans l’impassibilité du regard sceptique qui dit tous les hauts et les bas d’une vie vraiment vécue. Le port de tête, l’angle des bras légèrement crispés et les rondeurs du corps révèlent une force d’âme qui annonce : « Regardez-moi, je suis dans la plénitude de ma vie et s’il le faut, je suis prête à la donner toute entière. » Son accoutrement a beau prétendre le contraire : cette Joséphine Baker du trottoir n’est pas une femme facile. Il doit en coûter de l’aborder, précisément parce qu’elle est déshabillée. Banier nous montre cette femme, dont on ne peut que deviner l’appartenance sociale, comme une héroïne moderne, et c’est là son mystère. Ce qu’elle a vécu et qui fait que nous la voyons telle qu’elle se présente ici nous échappe. Nous n’en saurons rien. Mais la présence de cette femme est nimbée d’une aura d’histoires innombrables, qui plongent autant dans le passé que dans le futur. […]

Extrait du texte Raconter des histoires, taire le mystère de Martin Hentschel

Kerber, Bielefeld

2004
119 pages
illustrations n&b
31 cm
Allemand, anglais

ISBN 3-936646-84-8





Vues d'exposition

On the Edge - François-Marie Banier