François-Marie Banier - François-Marie Banier
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François-Marie Banier

Ce catalogue a été publié à l’occasion de l’exposition François-Marie Banier à la Maison Européenne de la Photographie à Paris du 26 mars au 15 juin 2003.


Un être Libre

à Buenos Aires, le matin où j’ai parcouru, aux côtés de Banier, son exposition au Centre Culturel de La Recoleta, j’ai éprouvé la même sensation que le jour où j’ai fait sa connaissance, qui s’est reproduite ensuite lors de nos conversations successives. Comme disait André Gide, savoir se libérer n’est rien, c’est savoir être libre qui est ardu. En observant les tableaux et les photographies de Banier, j’étais persuadé de me trouver devant l’œuvre d’un esprit de la plus grande originalité, celle qui est propre aux êtres libres. Il est un artiste étranger à toutes ces schématisations qui finissent par former de nouvelles écoles et de nouveaux «ismes». S’il y a quelque chose qui ne l’intéresse pas du tout, c’est bien de finir comme ces artistes «intégrés» qui pullulent dans les académies. Au contraire, Banier témoigne d’une tension et d’un dynamisme tels qu’il ne pourra jamais être indexé dans les étroites marges d’une conception esthétique. S’il y a quelque chose qui nous rapproche, c’est l’importance qu’il donne à l’intuition, par-delà l’intellect pur. Sa force d’expression provient de ses entrailles sans passer préalablement par le crible de la pensée. C’est un homme qui a la faculté de nouer une amitié sincère dès les premiers instants où nous le connaissons; ce qui incite à penser que cette rencontre-là nous avait été réservée dans un des détours du destin. Il possède une extraordinaire vitalité et une joie démesurée qui se propagent à ce qui l’entoure. Quelquefois, il donne l’impression d’être un de ces clowns chez qui, par instants, on aperçoit un fond de mélancolie. […]

Extrait du texte Un être libre d’Ernesto Sabato

 

Le roman photographique de François-Marie Banier

« La vérité de la vie est dans l’observation et la mémoire sinon elle ne fait que passer. »
Marcel Proust

Le roman photographique de François-Marie Banier débute par la rencontre, dans la rue, des passantes qu’il nomme «mes traverseuses». En tête de ces promeneuses qu’il regarde étonné, il y a lieu de distinguer les jumelles du Jardin du Luxembourg, un de ses premiers modèles, allant d’un même pas, bras dessus bras dessous, qu’il portraiture au Minox en 1979, 1980, 1981, quitte, retrouve, puis perd de vue si bien qu’il leur lance plus tard, par écrit, à même la peau du tirage, un appel vibrant : «Elles m’ont semé. Quel quartier hantez-vous? Je vous en supplie : faites-moi signe.» […]

Extrait du texte Le roman Photographique par Patrick Roegiers

 

L’autre éternel

« J’aime la vie. J’aime à m’immerger dans les profondeurs de tous les êtres vivants; mais j’abhorre ce «tu dois» compulsif, hostile, qui me tient captif, veut me contraindre à mener une vie qui n’est pas la mienne, une vie basse, fonctionnelle, utile, sans Art. »
Egon Schiele

Œuvres d’une vie, prises dans la vie, parlant de la vie, les photographies de François-Marie Banier expriment tour à tour, ou quelquefois mêlés, le sublime, le dérisoire, le burlesque, le tragique, l’ironie, la joie, la mélancolie, le temps qui passe, le temps qui vient. «Visages, démarches, allures, couples, solitudes, sont poèmes, manifestes, écrit-il. Le photographe les publie.» S’effaçant devant ses modèles, Banier fait de la photographie une histoire personnelle sans jamais dire «je». Déclinaisons de pures visions tout autant que preuves d’amour, ses portraits sont sommes d’émotions, d’histoires qu’il raconte en romancier épris du secret de ses personnages. Lui importent et l’emportent l’identité profonde de l’être, comme les formes qu’il révèle à partir des silhouettes et des visages qui l’inspirent. […]

Extrait du texte L’autre éternel de Martin d’Orgeval

 

Les gens

Tout à coup, dans la rue, se dresse devant moi une forme, surgit un visage parfaitement inconnu. Et qui me parle. Par la façon dont s’engage le pied pour continuer son chemin c’est toute une histoire qui s’avance, c’est le roman que chacun ébauche chaque jour. […]

Extrait du texte Les gens de François-Marie Banier

 

Madeleine Castaing

Je connaissais Madeleine Castaing depuis mon enfance, et tout, ou à peu près, de son légendaire amour pour Marcellin, son mari, son fantastique don de décoratrice, sa passionnante relation avec Soutine, sa vie passée à lire À la recherche du temps perdu, qu’elle découvrit la première fois en 1913. […]

Extrait du texte Madeleine Castaing de François-Marie Banier

 

Silvana Mangano

Silvana Mangano, ses yeux noirs, son nez infini, cette cruelle beauté, comment faire passer cet astre? Comment la montrer sans trahir sa profondeur et son élégance? Comme l’océan, comme les pyramides, comme le reflet de la lune sur l’eau d’un ruisseau de montagne, Silvana Mangano ne se raconte pas. […]

Extrait du texte Silvana Mangano de François-Marie Banier

 

Vladimir Horowitz

Je ne pensais pas que je photographierais Horowitz. Ni de si près, ni si longtemps. Il ne supportait pas que quiconque l’approche. A qui s’y risquait, il répondait par un aboiement, ou par l’un de ses deux leitmotive : «Ce n’est pas mon affaire » ou «Ça m’est égal ». […]

Extrait du texte Vladimir Horowitz de François-Marie Banier

 

Yves Saint-Laurent

C’est à Yves Saint Laurent, mon frère des années 1970, que je montre mes premières photographies de solitaires. Lui-même vit de façon retirée, pris par son métier et son désir de laisser une œuvre. […]

Extrait du texte Yves Saint-Laurent de François-Marie Banier

 

Marie Laure de Noailles

C’est en 1968, pour garder Marie Laure, que je suis devenu photographe. Pour ne jamais la perdre. […]

Extrait du texte Marie Laure de Noailles de François-Marie Banier

 

Photos écrites et peintes

J’ai d’abord écrit sur mes photographies. Entraîné par certaines masses de blanc ou de noir trouvées à l’intérieur d’autres formes qui soudain avaient quelque chose à dire. Je suis entré avec ma plume puis mon pinceau dans la photo qui a sa vie, et j’ai poursuivi. […]

Extrait du texte Photos écrites et peintes de François-Marie Banier

 

L’Homme au rat

Et pourquoi n’en profiterais-je pas, du détour de cette exposition tant voulue, pour ce qu’elle représente de rencontres avec tant d’inconnu. […]

Extrait du texte L’Homme au rat de François-Marie Banier

 

La vie de la photo

Qui est photographe? Tout équilibriste sans fil, tout chef d’orchestre sans orchestre, tout rêveur réaliste plus ou moins entêté qui a le sentiment, le courage, il suffit d’une très faible action de l’index, d’arrêter l’univers. Il le bloque, le cale, l’étale. Il se solidifie. C’est là que commence l’œuvre d’art : quand c’est fini. La photo prise, tirée, choisie, je dirais vendue. […]

Extrait du texte La vie de la photo de François-Marie Banier

 

Gallimard, Paris

2003
343 pages
Illustrations n&b et couleur
33 cm
Français

ISBN 2-07-011754-5 (br.)

ISBN 2-07-011765-0 (relié)

Ce livre existe également en version anglaise chez le même éditeur.


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