François-Marie Banier

François-Marie Banier ou le génie de la vie

par Henry Chapier

Maison Européenne de la Photographie, carnet n°19, Paris
1993

Qu’il s’agisse de ses romans, ou des images qu’il vole au hasard d’un coup de foudre pour un page ou pour la tribu des Parisiennes saisies dans leur vérité, François-Marie Banier exprime avant toute chose un amour passionné de la vie.

 

André Gide pensait que la création n’était qu’une riposte aux conflits intérieurs de l’artiste, à son mal être, et à son inconfort au cœur d’une société hostile, imperméable à tout ce qui dépasse la norme. Le parcours de François-Marie Banier nous prouve exactement le contraire : son appartenance à la génération libérée des années 60 explique peut-être son appétit de vie, et ce désir de croquer chaque instant à belles dents. Décidé à faire de sa propre vie une œuvre d’art comme le proclamait en son temps Oscar Wilde, ce jeune écrivain s’est également imposé comme le peintre des mœurs contemporaines à travers ses personnages romanesques qu’il raconte avec cette finesse de trait où une cruauté teintée d’humour le dispute à la tendresse.

 

Il en va de même pour son regard derrière la caméra, qu’il soit question de capter ce qu’il reste de généreux et d’humain dans les visages de la planète « people » parachutée au Festival de Cannes ou ce qu’il y a de tonique dans la découverte des personnages brésiliens…

 

François-Marie Banier possède l’art singulier d’un transmetteur d’énergie : le lire, l’écouter ou regarder ses photos devient forcément la plus positive des thérapies, à deux pas d’un état de bonheur qui nous gagne peu à peu.

 

En un mot, voilà un artiste qui nous apprend à débusquer derrière l’émotion esthétique l’essentiel.

 

 

 

François-Marie Banier, Maison Européenne de la Photographie, carnet n°19, Paris, 1993